Avec 19 participations à son compteur, Romain Dumas est le troisième pilote le plus expérimenté aux 24 Heures du Mans. L’Alésien fait son retour dans la catégorie reine cette année après avoir remporté la classique mancelle en 2016 au volant de la Porsche 919 Hybrid.

Cette année, Romain Dumas, pilote officiel Porsche Motorsport, partage la Rebellion R13 #3 avec Louis Delétraz et Nathanaël Berthon. Nous avons pu le rencontrer ce mercredi au Mans.

Comment abordez-vous cette 20e participation aux 24 Heures du Mans ?

« Je suis forcément content même si le contexte est particulier, sans spectateurs. » nous confie Romain Dumas. « Personnellement, je suis très content de le faire en LMP1. Cela me fait très plaisir de piloter une voiture qui peut jouer la gagne et le podium, ce qui n’a pas été toujours le cas, mais c’était très rare. Je suis motivé et j’ai fait énormément de sport comme dans les bonnes années du P1. Louis Delétraz est un jeune qui roule bien et qui est très intelligent et Nathanaël Berthon a l’expérience. Nous avons un équipage homogène et sympathique avec un matériel éprouvé. La météo est toujours un gros point d’interrogation car pour le moment il fait beau, mais ça devrait se gâter. Sur le papier, tout est ouvert. »

On vous sent très excité ?

« Je suis stressé comme si c’était ma première participation. J’ai l’envie de bien faire et je suis très motivé. Je me suis vraiment appliqué à me préparer au mieux pour mettre toutes les chances de mon côté. Nous verrons bien ce qui peut se passer. »

Avez-vous pu rouler tous les trois malgré vos programmes respectifs chargés ?

« Nous avons déjà roulé tous les trois. Nathanaël connaît bien la voiture tandis que Louis et moi avons roulé au pied levé. De ce que j’en ai vu au Castellet, la voiture était vraiment bien. On ne peut pas comparer Le Castellet et Le Mans. Les asphaltes sont différents et il y a beaucoup de grip au Castellet contrairement à ici. Nous avons l’avantage de ne pas avoir de pression sur nos épaules et nous devons faire notre course. Si à la fin des essais, on arrive à être proche des autres, l’approche de la course sera différente. »

Vous avez pu néanmoins profiter de la ligne droite du Mistral pour faire par la vitesse de pointe de la R13 ?

« Oui j’ai été étonné de la vitesse de pointe de la Rebellion, plus vite même que la Porsche 919 Hybrid. C’était vraiment surprenant ! La vitesse de pointe est toujours un sérieux dilemme au Mans. Est qu’on préfère aller vite en ligne droite ou être vite dans les S Porsche pour que la voiture soit facile à conduire. En fin de compte, ce n’est pas surtout la vitesse de pointe pure qui fait la différence mais plutôt l’accélération. »

La catégorie reine verra l’arrivée de constructeurs et d’équipes à court terme. Cela pourrait être l’occasion pour vous de continuer à vous battre pour le classement général ?

« J’ai la chance d’avoir le bagage expérience qui me permet d’être encore dans le coup et de partager le volant avec des jeunes talents qui ont besoin d’apprendre. Si un constructeur arrive en proto et demande mes services, c’est surtout pour apporter mon expérience pour concevoir la voiture notamment. C’est un aspect qui m’a plu et c’est pour cela que j’ai monté ma structure. Oui Peugeot arrive, Alpine aussi … Je suis chez Porsche depuis presque 20 ans, donc un petit projet de quelques années pourrait m’intéresser pour terminer. Mon objectif n’est pas de faire 30 participations au Mans si c’est participé pour participer. Je ne fais aucune course pour le plaisir ; le plaisir c’est le résultat. »

Des bruits courent dans le paddock quant à une réduction des effectifs chez les pilotes d’usine Porsche ?

« Je l’ai entendu et je l’ai lu. Nous allons voir ce qui va se passer. Je n’ai que 42 ans, mais je suis de loin le plus vieux dorénavant. Je ne sais pas ce qu’il en sera même si j’en ai une petite idée. Pour ma part, cela ne me stresse pas du tout. J’espère en tout cas que cela ne va pas m’impacter ! »

© Porsche

Romain Dumas officie également en tant que pilote Volkswagen Motorsport. Il a été l’auteur de records au volant de l’ID.R ces deux dernières années. Le programme 2020 a été quelque peu chamboulé par la crise sanitaire…

« Malheureusement, la Covid-19 a contrecarré nos plans. Le record à Sonoma est tombé à l’eau, pareil pour Zandvoort en marge de la Formule 1, Goodwood également. Il y aura néanmoins la Goodwood SpeedWeek où nous tenterons le record. J’ai roulé dans la voiture deux fois ces dernières semaines. Nous n’avions rien fait depuis la Chine. La voiture est top, l’équipe est super et je suis toujours autant bluffé quand je remonte à bord de l’ID.R. »

Pourquoi pas un record ici, sur le Circuit des 24 Heures ?

« Il y a eu une idée comme ça à un moment donné. Je ne sais pas pourquoi cela n’a pas abouti. Les idées ne manquent pas, mais il faut trouver l’événement qui s’y prête. A la base, c’est une voiture faite pour Pikes Peak et ses 20 km. Si on y retournait maintenant, nous irions bien plus vite qu’il y a deux ans. »