Pierre Fillon, Président de l'ACO : "Nous avons privilégié l’intérêt sportif et technologique"

© Willy Chanteloup / Endurance24

L’Automobile Club de l’Ouest a dévoilé la liste des engagés de la 87e édition des 24 Heures du Mans il y a quelques heures. Pas de conférence de presse mais un document complet envoyé à la presse à 14h, détaillant la liste des engagés, la procédure de sélection etc. L’occasion pour Pierre Fillon, Président de l’ACO, de se prêter au jeu des questions/réponses.

Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez procédé pour livrer aujourd’hui cette liste des 60 concurrents aux 24 Heures du Mans 2019 ?

« Nous avons reçu cette année 75 dossiers que le Comité de Sélection des 24 Heures a ensuite examinés avec minutie, » a précisé Pierre Fillon. « 75 dossiers c’est un nombre conséquent, plus important que les années précédentes encore. Cette situation démontre que, en pleine transition, l’Automobile, le sport automobile et surtout les 24 Heures du Mans attirent toujours constructeurs comme équipes privées, pilotes professionnels comme amateurs, coureurs expérimentés ou à la carrière en devenir. Les 24 Heures du Mans gardent leur pouvoir d’attraction. Ainsi aujourd’hui, nous présentons 70 dossiers qui se répartissent ainsi : 60 sont invités à participer aux Essais des 24 Heures du Mans 2019 et 10 réservistes. Le plateau se découpe ainsi 8 LMP1, 17 LMP2, 17 LM GTE Pro et 18 LMGTE Am. »

Ce travail du comité de sélection a-t-il été évident ou encore plus délicat que les autres années du fait de ce nombre de candidatures ?

« Il a été délicat dans le sens où le nombre était conséquent mais aussi et surtout parce que la qualité des différents candidats était vraiment très importante et qu’il devenait difficile de trouver des éléments faisant la différence. Nous avons minutieusement et scrupuleusement analysé les dossiers. Nous avons privilégié l’intérêt sportif et technologique des dossiers, l’attrait pour les fans, le public et les médias, et nous avons également voulu récompenser la fidélité des candidats. Nous avons eu bien évidemment quelques crève-cœurs, notamment pour certains réservistes, qui auraient pu être directement au départ lors des éditions précédentes.

C’est une évidence d’année en année, le niveau des candidatures augmente, toutes catégories confondues. C’est l’un des effets notables de la mise en place et de l’efficacité de notre pyramide de l’endurance. Les équipes formées, les pilotes qui gravissent les échelons série après série, catégorie après catégorie, témoignent d’un haut degré d’expérience et de performance. Leurs projets sont solides au fur et à mesure de leur cheminement de la base de la pyramide vers le sommet. »

Comment jugez-vous cette liste ? S’agit-il d’une Super Liste pour une Super Finale ?

« Elle est effectivement représentative de l’évènement. Pour la Super Finale de la Super Saison, nous comptons 34 concurrents réguliers du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA ainsi que les invités de l’European Le Mans Series, de l’Asian Le Mans Series, du WeaterTech SportsCar Championship. Quand certains concurrents joueront le titre mondial, d’autres viseront la victoire aux 24 Heures du Mans. Ce double intérêt est un atout majeur pour cette 87e édition. Cela pimente l’épreuve, si besoin était. »

Parmi les réservistes, figurent des noms emblématiques comme entre autres, United Autosports, Panis Barthez, Duqueine, Idec, High Class Racing. Comment l’expliquez-vous ?

« Les choix ont été extrêmement compliqués. Il nous a fallu prendre pourtant une direction. La première a été, pour le LMP2, d’accueillir le maximum de candidatures différentes avant de considérer les 2e voitures présentées. Nous avons voulu donner leur chance au plus grand nombre et récompenser nos fidèles de l’Endurance. Cela a entrainé des choix, évidemment. »

Sur ces 60 concurrents, n’avez-vous pas eu de candidat pour le 56e stand ?

« Nous avions un projet de stand 56 avec Don Panoz pour cette année. Malheureusement et c’est compréhensible, sa disparition a remis en question cet engagement.

Je vous rappelle que le 56e stand est un engagement réservé à un concurrent faisant appel à une technologie innovante, qui n’est pas encore intégrée dans les règlements officiels et qui évolue hors classement. Nous avons des contacts réguliers avec différents candidats sur des sujets très variés, consacrés aux nouvelles énergies comme à l’intelligence artificielle. Pour être parfaitement préparés, il leur faut actuellement un peu plus de maturité pour y prétendre efficacement. Mais je vous garantis que les idées ne manquent pas. » conclut Pierre Fillon.