Trois mois après avoir donné le coup d’envoi de son retour en Endurance dans le cadre des 24 Heures du Mans, Peugeot Sport dévoile les caractéristiques techniques du groupe motopropulseur (powertrain) de sa LMH.

Les équipes de Peugeot Sport et Total, partenaires depuis 25 ans, développent un powertrain répondant aux exigences de la réglementation de la nouvelle catégorie reine du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA dont les caractéristiques sont :

  • technologie hybride combinant un moteur essence V6 2.6L bi-turbo de 500 kW (680 ch) à l’arrière et un moteur / générateur électrique de 200 kW à l’avant,
  • batterie à haute densité de puissance (900 volts), co-développée par PEUGEOT Sport, Total, et sa filiale Saft,
  • transmission à 4 roues motrices et boîte de vitesses séquentielle à 7 rapports,
  • système intelligent de management de la chaîne de traction et des flux d’énergie, clé dans la performance et dont la direction est confiée à François Coudrain, Directeur Powertrain du programme WEC de PEUGEOT Sport

« L’architecture de la chaîne de traction PEUGEOT HYBRID4 500KW a été déterminée par un cahier des charges dense, régi par la nouvelle règlementation du championnat. » indique François Coudrain, Directeur Powertrain du programme WEC de Peugeot Sport. « Nous avions envisagé au départ de concevoir un moteur avec un seul turbo, mais cela ne nous permettait pas d’atteindre notre objectif, qui était d’abaisser le centre de gravité du moteur. Un V6 bi-turbo constitue le meilleur compromis entre technologie, poids, architecture, fiabilité et performances. »

Le moteur thermique délivre 500 kW (680 ch) et le moteur / générateur électrique 200 kW mais le règlement n’autorise qu’une puissance maximale de 500 kW en course.

Voici les principes de fonctionnement et les différentes situations de vie du powertrain LMH :

  • la règlementation interdit l’utilisation de l’énergie électrique entre 0 et 120 km/h : les accélérations se feront grâce au moteur thermique seul. Le moteur / générateur électrique entrera en action lorsque la vitesse requise sera atteinte,
  • à pleine charge, le moteur V6 bi-turbo contient sa puissance jusqu’à 300 kW (408 ch) et la module en fonction de la puissance disponible du moteur / générateur électrique à 200 kW, lequel dépend directement du niveau de charge de la batterie,
  • lorsque le moteur / générateur électrique est sollicité, la voiture passe automatiquement en 4 roues motrices. Ceci lui confère un comportement différent et une meilleure stabilité dans les virages négociés à haute vitesse par exemple,
  • quand la batterie haute densité est vide, le moteur thermique repasse à 500 kW (680 ch). La voiture devient alors une propulsion. Pour les courses, cette batterie sera chargée à 100 % avant le départ par le biais d’un dispositif hybride rechargeable sur secteur. En piste, la batterie sera totalement autonome et se rechargera seule grâce à l’énergie cinétique dégagée par les freinages.

Cependant, deux exceptions sont permises dans le règlement :

  • une majoration de la puissance du bloc thermique de 3%, soit un total de 515 kW (700 ch) en bout de ligne droite, lorsque la batterie est vide, alors le moteur / générateur électrique joue le rôle d’alternateur à hauteur de 15 kW. Une situation de vie appelée « End of Straight » générée automatiquement par l’électronique de la voiture,
  • la possibilité d’utiliser le moteur thermique ou électrique, voire les deux en même temps lors du roulage dans la voie des stands, où la vitesse est limitée à 60 km/h.

Après des passages au banc et au simulateur durant le premier semestre 2021, les premiers essais en piste de la Peugeot LMH sont prévues fin 2021 pour des débuts en compétitions en 2022.