Pour cette deuxième partie de l’interview, Olivier Pernaut met sa casquette de team manager d’Orhès Racing pour faire un état des lieux.

Si la partie Racing est à l’arrêt, l’activité Classic se poursuit partiellement…

« Il y a eu des événements purement et simplement annulés, mais on espère que les calendriers amendés pourront se dérouler pour pouvoir générer du chiffre d’affaire. » souligne Olivier Pernaut. « Une bonne partie de l’équipe est au chômage partiel. Nous avons conservé un motoriste et un carrossier pour poursuivre l’activité restauration d’anciennes, on rattrape le retard sur certains projets de restauration, en respectant les règles d’hygiène. »

La structure appartenant à Salim Bouziane, basée à Saint-Ouen-l’Aumône, avait toutefois pu disputer une course fin janvier, lorsqu’on était loin d’imaginer ce qui allait se passer. En effet, Orhès s’est rendu à Abu Dhabi pour disputer l’épreuve de Fun Cup avec pas moins de six voitures.

« L’année 2020 a plutôt bien commencé, à Abu Dhabi, sur le Circuit de Yas Marina, avec nos six Fun Cup. Elles sont rentrées quelques semaines avant le confinement et on a eu le temps de les réviser. Les mesures prises par le gouvernement vont sauver un grand nombre d’entreprises, pas toutes évidemment, ce ne sont pas des magiciens, mais sans ça, beaucoup auraient déjà mis la clé sous la porte. »

Olivier Pernaut (Orhès Racing) : "On a envie de faire plein de choses et on en a les compétences"

© Jérôme Contou

L’Audi R8 LMS GT4 sera-t-elle en lice une troisième saison en Championnat de France FFSA GT ?

« Nous étudions plusieurs pistes. Les organisateurs font ce qu’ils peuvent pour que le championnat ait lieu et ce n’est pas facile pour eux aussi. Avec l’annulation du Grand Prix de Pau, le calendrier est moins vendeur. Si je trouve un bon coéquipier, on ira avec grand plaisir et avec le sourire, mais il se peut que nous fassions l’impasse sur le FFSA GT pour aller vers de nouvelles aventures. Le nombre important d’accrochages l’an dernier fait doublement réfléchir. »

Quelle aventure pourrait tenter Orhès ?

« Les 24H Series par exemple. La stratégie d’Orhès serait de participer ponctuellement à de gros événements, avec trois ou quatre pilotes, plutôt que des championnats complets. On y regarde de très près. »

Avec six Ligier JS2 R en sa possession, la Ligier European Series est aussi dans les cartons en plus de la JS Cup France.

« Il y avait initialement énormément de clash de dates avec nos différents programmes. Les changements de calendriers nous ont rouvert quelques opportunités diverses et variées. Les frontières au sein de l’espace Schengen sont loin d’être ouvertes donc il faut attendre que cela se précise. On aimerait faire quelques piges en Ligier European Series pour doubler les programmes de quelques-unes de nos Ligier. On a envie de faire plein de choses et on en a les compétences ; compétences humaines et moyens techniques. On a montré, grâce à la victoire avec Nicolas et Sacha Prost et moi-même, à Nogaro, en finale de la JS Cup, la première fois avec des pneus slicks, qu’on savait préparer des voitures pour jouer la gagne. On a aussi fait quelques belles performances en FFSA GT même si la réussite n’était pas de notre côté avec Théo Nouet. Orhès a bien évolué depuis ses débuts. »

Olivier Pernaut (Orhès Racing) : "On a envie de faire plein de choses et on en a les compétences"

Olivier Pernaut, Sacha et Nicolas Prost à Nogaro

Orhès Racing a fait l’acquisition d’un simulateur professionnel afin de pouvoir proposer un service supplémentaire à ses clients. Les incertitudes demeurant quant à la réouverture des circuits et à la reprise des compétitions, cet investissement prend tout son sens…

« Nous avons décidé d’investir dans un simulateur professionnel JCL en fin d’année dernière, lorsqu’on n’entendait pas encore parler du Covid-19. Cela va nous permettre de démarrer une activité qu’on proposera à nos clients dès le 11 mai. On proposera donc des séances de travail à l’atelier avec ingénieur, vidéos, datas et simulateur. On a modélisé notre Fun Cup, notre Audi R8 LMS GT4 et bientôt notre Ligier JS2 R.

Nous comptons transporter ce simulateur avec nos voitures lors des courses en Fun Cup et JS Cup afin que nos pilotes puissent rouler virtuellement entre deux vraies séances de roulage réel afin de peaufiner leur pilotage. Je n’ai encore jamais vu un simulateur destiné aux pilotes dans nos paddocks et je pense que ce serait une première à ce niveau-là. »

Le développement d’Orhès Classic, la branche historique de la structure Val d’Oisienne, se poursuit. Quelques événements étaient et sont toujours au programme, à commencer par le Tour Auto Optic 2000, du 31 août au 5 septembre.

« Cinq, peut-être quatre, Peugeot seront préparées par Orhès. On a aussi la chance d’en préparer deux pour l’Aventure Peugeot qui seront confiées à des personnalités, comme Maëva Coucke, Miss France 2018, qui fera équipe avec Etienne Bruet, journaliste M6 Turbo, mais aussi Gilles Vidal, responsable du design chez Peugeot, accompagné par Mathieu Sentis, journaliste L’argus. Les trois autres, peut-être plus que deux, seront alignées par Orhès, pour de fidèles clients. Nous sommes à nouveau contents de participer à ce Tour Auto et on espère qu’il aura bien lieu. »

Le Sixties’ Endurance, qui fait la part belle aux Sports pré-63 et GT pré-66, ainsi que Le Mans Classic étaient aussi prévus…

« Jean Marc Avezou pilotera une Austin-Healey dès que la saison pourra débuter… On devait participer à Le Mans Classic avec deux voitures, une Peugeot 203 Coupé et une Austin-Healey. Ce ne sera que partie remise pour 2021. »

Olivier Pernaut (Orhès Racing) : "On a envie de faire plein de choses et on en a les compétences"

Le 11 mai marquera le début du déconfinement. Est-ce que vous allez pouvoir reprendre toutes vos activités ?

« Les voitures de course sont prêtes donc à quoi bon faire revenir les mécaniciens dédiés aux voitures de course sachant qu’on ne sait pas encore quand on pourra courir. On proposera des séances de coaching sur circuit quand on aura une date certaine concernant la reprise de cette activité. La limitation à dix personnes par exemple, cela représente une ou deux voitures seulement. Est-ce que c’est rentable de louer un circuit pour deux voitures ? Non. Avec la règle des 100 km, on ne va pas aller bien loin, les frontières, etc. C’était une très belle année qui s’annonçait. Toutes les Ligier, ou presque, étaient louées. Nous avons beaucoup investi sur la révision et les nombreuses évolutions des JS2 R. Elles étaient toutes prêtes à rouler la veille du confinement. » Conclut Olivier Pernaut.