Norman Nato, partie 1 : "on peut être satisfait de notre saison"

© Antonin Vincent / DPPI

Le confinement se poursuit, les événements sportifs sont reportés ou annulés et comme chacun d’entre nous, les pilotes sont confinés chez eux. Nous allons donc prendre de leurs nouvelles et nous commençons aujourd’hui par Norman Nato.

Âgé de 27 ans, le Cannois dispute sa première saison dans la catégorie reine du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA chez Rebellion Racing où il fait équipe avec Gustavo Menezes et Bruno Senna.

Norman Nato est aujourd’hui confiné dans le sud de la France…

« Le mode de vie change radicalement mais je suis en bonne santé donc c’est le principal » nous a-t-il confié. « Il faut s’adapter. J’essaye d’optimiser cette période pour faire des choses que je ne faisais pas et en anticiper certaines. Je commence à réfléchir aux designs de mes casques et j’essaye de planifier ma deuxième partie de saison, de préparer un calendrier en fonction des informations qui circulent. J’aime bien la cuisine et je m’y suis mis aussi ! »

Vous arrivez tout de même à poursuivre votre préparation physique ?

« Je continue bien sûr de m’entrainer mais j’essaye de trouver des exercices différents puisque je n’ai pas tout le matériel qu’on peut trouver en salle. Cela me permet néanmoins de faire travailler d’autres muscles de mon corps. Ce sont des choses qui permettent de passer le temps et de rester à un certain niveau de performance afin d’être prêt à réattaquer.

Le sport automobile ce n’est pas seulement physique, le mental joue énormément. A force de regarder des films à la télé, tu finis par le perdre donc je m’occupe aussi en jouant à des jeux vidéo (Rallye, Project Cars, Gran Turismo et F1) car ça me permet aussi de faire travailler le mental. Certes on joue, mais on travaille notre mental au final et c’est pour ça que pas mal de pilotes jouent également. »

Norman Nato, partie 1 : "on peut être satisfait de notre saison"

© Rebellion

Le bilan après cinq courses est positif avec deux victoires et trois pole positions. Malgré l’Équivalence de Technologie (EoT), cela n’a pas été si simple ?

« Nous sommes certes avantagés sur le papier mais au-delà de ça, en tant que pilote on doit quand même faire le job en qualifications et en course et il faut que la voiture soit fiable. Les victoires ne nous sont pas servies sur un plateau. Je pense qu’à Silverstone nous avions la vitesse pour faire beaucoup mieux et on ne l’a pas fait car, pilotes et équipe, nous avons fait trop d’erreurs.

Course après course, on arrive à se remettre en question, améliorer ce qu’on a mal fait à la course précédente et c’est comme ça que nous avons progressé. On peut être satisfait de notre saison à ce jour et on aurait signé en début de saison pour ces résultats-là. Il faut tenir compte que tout s’est rapidement enchaîné pour l’équipe après Le Mans. Quant à moi c’est ma première année en LMP1, je découvre une équipe, des coéquipiers, j’ai tout à découvrir. Je ne connaissais pas certains circuits comme Fuji et Austin, mais aussi Bahreïn en Endurance. »

Les qualifications des 8 Heures de Bahreïn ont été serrées mais le départ chaotique ainsi qu’un problème mécanique vous ont privé d’une belle course ?

« Oui cette course a été un peu frustrante car nous avions fait du bon travail mais nous avons eu souci mécanique. Je ne pense pas que nous l’aurions gagnée mais la bataille aurait été plus serrée avec Toyota et je pense que cela aurait été la course la plus disputée de l’année. »

Norman Nato, partie 1 : "on peut être satisfait de notre saison"

© Rebellion

En revanche, vous avez dominé la dernière course sur le Circuit des Amériques …

« A Austin, on gagne avec une certaine avance mais il n’y avait que 20 secondes d’écart avec la première Toyota jusqu’à la moitié de la course. Sur le papier, si on n’économisait pas d’essence, nous aurions dû faire un arrêt supplémentaire pour remettre du carburant à 4 ou 5 tours de l’arrivée et nous aurions perdu la victoire. Ce n’était donc pas si simple que ça… »

Rendez-vous demain pour la deuxième partie de cette interview où nous évoquerons les prochaines 24 Heures du Mans, le retrait de Rebellion, le retour de Peugeot, Mission H24 et la Formula E.