Nico Jamin (Panis Racing) : "nous avons écrit une belle page de l’histoire"

© TWENTY-ONE CREATION

Nico Jamin a rejoint Panis Racing au début de l’année pour la campagne 2020 de l’European Le Mans Series. Le pilote rouennais a également pris part à la 88e édition des 24 Heures du Mans à l’issue de laquelle il a terminé sur le podium de la catégorie LMP2. Nous avons pu faire le point avec lui à Monza, théâtre de la quatrième manche de l’ELMS.

Revenons d’abord sur le point d’orgue de la saison, les 24 Heures du Mans. Comment avez-vous vécu cette édition qui ne ressemblait à aucune autre, sans spectateurs, une nuit plus longue et l’absence de pluie ?

« C’était une édition vraiment particulière, sans les fans. Arriver sur le circuit le jour de la course et ne voir personne, c’était comme si nous arrivions pour un track day. » nous confie Nico Jamin. « C’était vraiment étonnant comme atmosphère. J’adore piloter la nuit car j’arrive généralement à faire la différence, donc j’étais servi. Je pense qu’on ne regardera plus les prévisions météos avant la course (sourire) parce que tout le monde aurait parié qu’il allait pleuvoir et nous n’avons pas eu une seule goutte malgré les éclairs dans le ciel. »

Nico Jamin (Panis Racing) : "nous avons écrit une belle page de l’histoire"

Pour sa deuxième participation dans la Sarthe, Nico Jamin est monté sur la troisième marche du podium, avec Matthieu Vaxivière et Julien Canal. Un équipage 100% français donc, au sein d’une équipe française. La performance n’est pas passée inaperçue. Nico nous raconte le chemin jusqu’au podium…

« Nous n’avons pas eu de chance en qualifs avec du trafic. Nous avons donc manqué l’Hyperpole même si je pense que nous avions la performance pour y accéder. Cette édition était vraiment compétitive avec au moins 10 voitures capables de monter sur le podium. Avant le départ, nous nous étions dit que si nous faisions une course propose, sans aucune erreur de la part pilotes, sans ennuis mécaniques, nous serions sûrement sur le podium. C’est ce qui s’est passé. Le rythme était bon, aucune erreur dans les stands comme en piste. Aucun sticker n’a été abîmé pendant la course, c’est dire ! Nous avons perdu un peu de temps à cause des Safety Car, mais nous avons néanmoins pu terminer sur le podium. C’est extraordinaire pour moi, en tant que pilote, car j’en rêvais depuis longtemps. Même émotion pour l’équipe qui avait l’un des plus petits effectifs. Une équipe 100% française, mécaniciens et pilotes réunis ; je pense que nous avons écrit une belle page de l’histoire. »

La victoire semblait inatteignable ?

« En termes de performance pure, United Autosports était très rapide. Notre équipe est tout aussi compétente et professionnelle, mais il y a une grosse différence de budget. Nous pouvons être d’autant plus fiers de ce que nous avons effectué. Pour pouvoir espérer jouer la victoire à l’avenir, il va falloir plus de développement, plus de séances d’essais. »

L’objectif est désormais de monter sur la plus haute marche du podium ?

« Bien sûr, comme tout le monde dans l’équipe, je rêve de la première place, mais aussi de la première place au général dans les années à venir. Quand on a goûté au Mans, on a envie de goûter au podium, puis une fois qu’on a goûté au podium, on a envie de goûter à la victoire. Nous sommes des compétiteurs ; nous visons toujours plus haut. »

Nico Jamin (Panis Racing) : "nous avons écrit une belle page de l’histoire"

Nico Jamin, accompagné par Julien Canal et Will Stevens, est également monté sur le podium des 4 Heures de Spa et les résultats obtenus sur les autres courses ne reflètent pas le niveau de performance de l’équipe.

« Comme au Mans, United Autosports et G-Drive Racing sont les deux grandes forces du championnat avec des budgets qui sont 2 à 3 fois plus élevés que le nôtre. La victoire à la régulière est compliquée à aller chercher, mais nous avons montré avoir les capacités pour monter sur le podium. Il y a certes eu le podium à Spa, mais sans la biellette de pince qui casse dans la première course au Castellet, nous terminions 2e, au pire 3e. Lorsque nous sommes retournés au Castellet, j’étais en tête de la course avec 40 secondes, mais nous avons là aussi manqué de chance avec la Safety Car. Sur les quatre courses que nous avons faites, 24 Heures du Mans inclues, nous étions en lutte pour le podium. Cela prouve bien que cette équipe a le potentiel pour se battre pour le podium lors de chaque course, ainsi qu’au championnat. »

Vous parliez de victoire au général. Avec le retour de Peugeot en 2022, cela vous donne des envies ?

« J’espère que les constructeurs, comme Peugeot, auront envie de piocher dans le vivier des jeunes pilotes français prometteurs en LMP2. Nous sommes quelques-uns à le mériter. Intégrer Peugeot pour leur programme Hypercar est le rêve ultime pour jouer la victoire au classement général des 24 Heures du Mans, mais aussi se battre pour un Championnat du Monde. Avec l’arrivée du LMDh, je pense que cela va aussi offrir quelques opportunités intéressantes pour les jeunes pilotes. Ce n’est pas facile actuellement en LMP2, mais cela augure de bonnes choses. »

Panis Racing lorgne sur le FIA WEC. Vous pourriez faire partie de l’aventure ?

« Je me sens très bien au sein du Panis Racing. L’aventure a commencé cette année, mais c’est déjà comme une famille. Je suis content de l’ambiance générale et du niveau de performance de l’équipe. Tout le monde passera en Goodyear la saison prochaine et nous avons cet avantage de rouler avec, cette année. Si on arrive à réunir les budgets pour que l’équipe Panis Racing puisse monter en WEC, je serais ravi de faire partie de l’aventure. L’ELMS est aussi un très beau championnat. L’écurie va donc peser le pour et le contre et regarder le coût qu’engendrerait le passage en WEC. »

Outre son programme principal en ELMS, on pourrait bien revoir Nico Jamin en Amérique du Nord cette année, du côté du Lamborhini Super Trofeo, chez une équipe qu’il connait bien, ANSA Motorsports.

« Pour la petite anecdote, nous n’avons jamais perdu une course ensemble. »