Nico Jamin (Panis Racing) : "Je suis ravi de l’équipe et la voiture a l’air de très bien se comporter"

© Jakob Ebrey Photography

Après quelques belles années aux Etats-Unis, Nicolas (Nico) Jamin a débarqué sur la scène européenne de l’Endurance d’abord chez Duqueine Engineering, puis chez Panis Racing en 2020. Nous avons fait le point avec le jeune rouennais à l’issue des 24 Heures du Mans virtuelles auxquelles il participait.

C’est d’ailleurs chez lui, à Rouen, que Nico Jamin a pris part aux 24 Heures du Mans virtuelles le week-end dernier sur l’une des deux Oreca 07 de Panis Racing Triple A.

« J’étais très heureux de faire partie de l’aventure, car c’est une course historique qui va rester comme étant la première course d’endurance virtuelle de cette envergure. » nous confie-t-il. « C’était une toute nouvelle expérience pour moi. J’avais un simulateur il y a quelques années, lorsque je roulais en monoplace, pour apprendre les circuits. J’ai tout remis en marche pour ma première véritable course virtuelle ! »

Le délai entre l’annonce et la course a été relativement court…

« C’était un beau projet qui n’a pas été facile à mettre en place. Triple A et mes managers m’ont contacté pour me présenter le projet et me demander si j’étais intéressé. L’idée m’a tout de suite séduit. C’était à peu près un mois avant la course et depuis on s’est beaucoup entrainé avec l’aide des sim racers professionnels qui nous ont épaulés, Tristan (Vautier) et moi. Je pense que nous avons fait tout ce qui était possible pour faire le meilleur résultat possible et que nous avons plutôt bien figurer malgré le bug à la fin. Nous pouvons être assez fiers ! »

Parti depuis la 24e place sur la grille, l’équipage composé de Nico Jamin, Tristan Vautier, Hany Alsabti et Thibault Cazaubon, a rapidement progressé dans la hiérarchie. Dans le top 10 durant la première moitié de la course, l’Oreca #31 est ensuite remontée à la cinquième place et pointait en quatrième position à deux heures de l’arrivée… La voiture a cependant terminé 12e de la course.

« Cette 12e place n’est pas représentative de notre niveau de performance puisqu’à deux heures de l’arrivée, nous avions la 4e place assurée. Un bug du serveur a déconnecté notre pilote pro du serveur et le temps qu’il se reconnecte, nous avions perdu deux tours… »

Nico Jamin compte une participation aux 24 Heures du Mans et nous explique les différences notables entre le réel et le virtuel.

« Pour Tristan et moi, mais aussi pour bon nombre de pilotes, c’était une nouveauté. Quand on pilote une voiture, on ressent des sensations dans chaque partie de notre corps que nous ne ressentons pas sur simulateur. Il faut faire travailler davantage les sens du cerveau, voir comment la voiture se comporte à l’écran et composer avec le retour de force du volant. On ressent peut-être 1/15e voire 1/20e de ce qu’on peut ressentir dans la voiture. Il a donc fallu développer ces nouveaux sens afin de réussir à faire 24 heures sans faute. »

Ces 24 Heures du Mans virtuelles furent l’occasion de voir des manœuvres qu’on ne voit pas dans la réalité.

« Je pense que les pilotes se sont permis de tenter quelques manœuvres un peu plus risquées lors de ces 24 Heures virtuelles. Certaines sont passées, mais on ne pourrait pas les tenter dans la réalité. Essayer de dépasser à l’extérieur à Indianapolis pour être à la corde dans le gauche d’après serait risqué. On n’a pas ce phénomène de piste sale et de boulettes de gomme en dehors de la trajectoire sur simulateur. »

Nico Jamin (Panis Racing) : "Je suis ravi de l’équipe et la voiture a l’air de très bien se comporter"

© Panis Racing

Un programme complet en European Le Mans Series, ainsi qu’aux 24 Heures du Mans, avec Panis Racing, attend Nico Jamin qui n’a pas pris le volant depuis la mi-mars.

« Nous avions fait une journée d’essais qui s’était très bien passée avant que le coronavirus ne passe par là. On a hâte de reprendre au Castellet. Une journée d’essais privés est prévue d’ici les essais officiels et la course mi-juillet afin d’attaquer la saison sur de bonnes bases. Je suis ravi de l’équipe et la voiture a l’air de très bien se comporter. Je découvre les pneus Goodyear mais c’est très prometteur. Je suis donc globalement très satisfait et j’ai hâte d’attaquer ! »

Avant d’arriver au sein de la structure de Simon et Sarah Abadie cet hiver, Nico Jamin a passé deux années chez Duqueine Engineering, montant à deux reprises sur le podium.

« Duqueine avait besoin de pilotes amenant un peu plus de budget et de mon côté j’avais envie de changement. En tant que jeune pilote, c’est important de découvrir d’autres équipes. Panis Racing est une équipe très expérimentée en Endurance avec déjà plusieurs participations aux 24 Heures du Mans. J’avais besoin de changer d’air et avec Olivier Panis, faisant partie de mon groupe de management Triple A, la relation s’est faite naturellement. J’ai été accueilli à bras ouverts notamment par Simon et Sarah Abadie ! »

Nico Jamin (Panis Racing) : "Je suis ravi de l’équipe et la voiture a l’air de très bien se comporter"

Nico Jamin en pole à Sebring (IMSA Prototype Challenge 2017) © Jake Galstad/LAT Images

Le jeune français serait bien tenter par quelques piges, en Europe mais aussi en Amérique du Nord…

« Effectivement, Panis Racing et Tech 1 ont un programme en GT World Challenge Europe ainsi qu’aux Total 24 Heures de Spa, avec une voiture, voire une deuxième. Les 24 Heures de Spa pourraient m’intéresser pour une pige. On y travaille actuellement et nous allons voir ce qui est possible de faire. J’ai toujours les Etats-Unis à l’esprit. J’y ai piloté pendant quatre ans et les Etats-Unis m’attirent toujours autant. Si l’opportunité se présente pour quelques courses en IMSA, je n’hésiterais pas ! Le DPi m’attire énormément. Le LMDh va arriver dans les années à venir donc je garde un œil intéressé de ce côté-là. Pour une équipe LMDh qui serait présente à la fois en Europe et aux Etats-Unis, je pense avoir l’avantage de connaitre les deux continents. Je connais tous les circuits américains par cœur et j’ai aussi cette expérience des 24 Heures du Mans qui se sont très bien passées l’an dernier. »