Julien Gerbi :  "A 12 secondes près, c’était idyllique »

© Paola Depalmas

En arrivant à Portimão en tant que team manager du Team Virage, Julien Gerbi ne s’attendait pas à se retrouver au volant d’une Ligier JS P320 quelques heures plus tard. Et pourtant, le pilote hispano-algérien a disputé sa première course en European Le Mans Series au Portugal le week-end dernier.

Contraint de rester en Suisse, Esteban Garcia n’a pas pu disputer les 4 Heures de Portimão chez Realteam Racing. Julien Gerbi a ainsi été appelé en renfort pour épauler David Droux. Force est de constater que ce choix était bon avec une 2place à l’arrivée !

« A 12 secondes près, c’était idyllique. » nous confie Julien Gerbi, très heureux de son podium. « Jeudi, David m’a appelé alors qu’il sortait de la voiture, à 30 minutes de la fin des essais collectifs. Il me demande alors si j’ai ma licence et mon équipement pour tester la voiture et voir si ça fonctionne bien, dans l’optique de faire le week-end avec lui. J’ai donc pris mes affaires en urgence, je suis monté dans son baquet, j’étais un peu trop bas et un peu loin des pédales (sourire). Je suis entré en piste à 12 minutes de la fin de séance pour faire mes cinq tours. »

Julien Gerbi :  "A 12 secondes près, c’était idyllique »

© Paola Depalmas

Cette première prise de contact avec la piste et la voiture a été suivie d’un débriefing avec Xavier Combet, patron de TDS Racing, qui assure le support technique de Realteam cette saison.

« Nous nous sommes réunis avec Xavier et David pour avoir mon ressenti, connaître les points que je craignais et les objectifs que je pensais pouvoir atteindre. J’ai été transparent avec eux. Il y avait deux points que je devais travailler : la gestion du trafic avec les P2 et les GTE, ainsi que l’aspect physique pour tenir 2 heures d’autant qu’il faisait chaud. L’avantage est que je m’étais remis à m’entraîner tous les jours depuis plusieurs semaines déjà. Je savais que la performance ne serait pas un problème. »

Vous avez toujours votre combinaison et votre casque avec vous ?

« J’ai toujours tout dans le camion au cas où il y a un souci ou si un pilote ne peut pas venir. Je n’ai jamais mon casque et ma combi chez moi. »

Même si Julien Gerbi avait déjà pu prendre le volant de la Ligier JS P320 en essais, il n’avait jamais effectué de longs relais en conditions de course.

« J’avais fait trois tours à Magny-Cours et quatre runs à Barcelone. Je savais où étaient les boutons ! J’ai pu faire un long run d’1h15 en essais libres à l’issue duquel j’étais assez fatigué. Cela m’a permis de voir les parties à économiser. Je savais qu’il fallait que j’économise mon cou le plus tôt possible, donc j’utilisais les repose-tête dès le début de course. J’économisais aussi les bras et les hanches dès que possible dans les virages rapides, ce qui m’a permis de tenir 1h50 dans la voiture, sans problème. »

Julien Gerbi :  "A 12 secondes près, c’était idyllique »

© Paola Depalmas

Alors qu’il était deuxième de la catégorie LMP3, le pilote de la Ligier #8 se fait percuter par une LMP2 trop optimiste au freinage du virage 5. Le temps perdu à ce moment vous a-t-il coûté la victoire puisque vous terminez à 12 secondes des vainqueurs ?

« Oui et non. Le rythme de Boyd (United Autosports) en pneus neufs était tellement élevé que le contact avec la LMP2 n’a fait qu’avancer l’échéance. Cela faisait déjà un moment qu’il était proche de David et il a tout de même mis du temps à le dépasser. Ils avaient économisé un train de pneus neufs donc, même sans accrochage, ils auraient eu l’opportunité de doubler. »

Après ne plus avoir évolué à ce niveau-là de la compétition automobile depuis 11 ans, cela vous donne des idées pour la saison à venir ?

« Ça donne envie bien sûr. Jouer la victoire en arrivant à la dernière minute comme ça, je pense qu’avec un programme complet, ça peut aller jouer le titre sur un championnat tel que l’ELMS. »

Team Virage, dont Julien Gerbi est le team manager, faisait une nouvelle pige en Michelin Le Mans Cup cette saison en plus de son programme complet en Ultimate Cup Series.

Julien Gerbi :  "A 12 secondes près, c’était idyllique »

Julien Gerbi lors de la dernière manche de Formule Palmer Audi 2009 où on retrouvait entre autres Felix Rosenqvist, Tristan Vautier, Jolyon Palmer