Habitué du GT3 depuis plusieurs années, Jules Gounon disputera ses premières 24 Heures du Mans ce week-end dans la catégorie LMGTE Pro. L’ardéchois, âgé de 24 ans, épaule Oliver Jarvis et Pipo Derani au volant de la Ferrari 488 GTE #89 du Risi Competizione. Nous l’avons rencontré afin de faire le point avec lui avant le coup d’envoi des hostilités.

Comment abordez-vous cette semaine mancelle et la course ?

« J’aborde l’événement humblement. Je pense qu’il faut respecter le circuit et la légende du Mans. » nous a confié Jules Gounon. « Ceci étant dit, je suis très content d’autant que j’ai deux coéquipiers, Pipo et Oliver, qui ont énormément d’expérience et qui vont m’aider à apprendre. Il va falloir attendre un peu, jeudi soir je pense, avant de connaitre notre potentiel puisque je pense que nos concurrents ont sûrement caché leur jeu lors de la Journée Test. De l’expérience que j’aie des courses de 24 heures, c’est qu’il faut d’abord rester en dehors des problèmes puisque cela peut faire la différence même si nous ne sommes pas les plus rapides. »

La gestion du trafic sera bien différente …

« En GT3 j’ai l’habitude de doubler les autres voitures alors que là nous allons nous faire doubler tout au long de la course. C’est donc un trafic différent puisqu’il faut en même temps se battre en catégorie et regarder dans les rétros. J’ai déjà connu cela à Dubaï il y a quelques années et il est vrai que c’est une attention différente. Il faut être concentré en permanence pour ne pas oublier que des voitures reviennent derrière. »

Jules Gounon n’a effectué qu’un shakedown de 150 km avant de remonter à bord de sa monture le 2 juin dernier.

« La Ferrari 488 GTE est une très bonne voiture et Risi Competizione est également une très bonne équipe qui a déjà gagné trois fois au Mans. Tous les voyants sont au vert, nous ne sommes qu’en début de semaine et il va falloir y aller étape par étape. »

Il y a de grandes différences entre une GT3 et une GTE ?

« Etonnement non ! J’ai été surpris car je m’attendais à une grosse différence entre une GT3 et une GTE mais pas tant que ça, si ce n’est l’ABS qui est la différence majeure. Les fans adorent les GT3 et GTE car ils peuvent les identifier facilement. Les fans de Porsche voient une Porsche, les fans de Ferrari retrouvent une Ferrari alors que c’est différent en LMP1. Toujours est-il que je suis content de m’être orienté vers le GT car aujourd’hui il y a des opportunités énormes pour les jeunes pilotes qui n’avaient les budgets pour aller en monoplace ou en prototype. Courir en GTE Pro pour ma première au Mans, c’est énorme. »

Bentley a accepté facilement votre pige chez au volant d’une voiture d’un autre constructeur ?

« Cela faisait partie des propositions que nous avions fait et nous avons discuté cet hiver. Je remercie Bentley d’avoir accepté car c’était une grosse opportunité pour moi et tous les constructeurs n’auraient pas forcément accepté. »

Il s’est déjà illustré dans une course de 24 heures, les Total 24 Heures de Spa 2017, avec Audi. Il se verrait bien remonter sur la plus haute marche du podium, avec Bentley cette fois …

« J’aimerai bien gagner une deuxième fois à Spa. C’est une course extraordinaire qui a l’envergure des 24 Heures du Mans selon moi avec notamment 70 GT3 et une compétition très relevée. Bentley cours depuis toujours après la victoire à Spa, en vain pour le moment, alors aller la chercher pendant l’année du centenaire, serait quelque chose d’extraordinaire. »

Vous pratiquez le golf en dehors des circuits. Ce sport vous aide dans votre préparation ?

« Cela m’a beaucoup aidé dans la gestion des émotions. Lorsque j’ai commencé, j’avais plutôt tendance à casser des clubs qu’à prendre mon temps. Le golf s’apparente à la course automobile pour moi. Dans un relais de trois heures, une fraction de secondes peut détruire toute une course. Au golf, sur un parcours de quatre heures, vous pouvez rater un coup et détruire votre carte. Il faut entretenir la confiance en soi, se remettre en question rapidement et aller de l’avant. »