Jean-Philippe Imparato (Peugeot) : "Le constructeur est sain, ce qui nous autorise à être totalement confiants"

© Frederic Le Floc’h / DPPI

Peugeot a profité de la 88e édition des 24 Heures du Mans pour confirmer le développement d’une Le Mans Hypercar. Cette annonce du 18 septembre 2020 marque le début de ce programme impulsé fin 2019.

Jean-Philippe Imparato, Directeur de la Marque Peugeot, est revenu avec Endurance24 sur ce qui a poussé la firme au Lion à revenir dans la catégorie reine de l’Endurance.

Peut-on dire que cette annonce au Mans est la première pierre du projet Le Mans Hypercar ?

« Absolument. Just start working. Voici le message. Nous commençons à travailler à partir d’aujourd’hui et c’est véritablement le début de l’aventure que nous abordons avec humilité et de la détermination évidemment quand on voit le Graal qui est devant nous. » nous a confié Jean-Philippe Imparato.

Comment la décision a été prise et quelles ont été vos motivations ?

« Ce genre de décision est collective, au sein du comité exécutif du groupe. Fin 2019, compte tenu de la bonne santé de la marque Peugeot ainsi que la convergence entre l’évolution réglementaire de l’Endurance et mes ambitions stratégiques de transition énergétique, je me suis dit à un moment donné, j’y vais ! Messieurs, mesdames membres du comité exécutifs, je vous propose de retourner en Endurance. Je ne l’aurais jamais fait si la discipline n’avait pas été électrifiée et si le budget n’avait pas été raisonnable. Nous avons eu ces garanties sur le budget ainsi que sur l’hybridation, donc vers l’électrification, avec un programme Peugeot Sport Engineered qui fait le lien avec le business que nous allons révéler le 24 septembre, deux jours avant nos 210 ans puisque Peugeot est né le 26 septembre 1810. Nous avons donc, l’Endurance partie de l’histoire, l’Endurance, partie du futur avec l’électrification, l’histoire de Peugeot et le lien avec le business. Ce sont les raisons pour lesquelles je suis devant vous. Je voulais être au Mans pour le dire, pas à Paris ! »

Un timing qui tombe donc plutôt bien…

« Dans notre « malheur », avec le report et le huis clos, nous avons cette épreuve qui se tient à quelques jours de notre anniversaire et donc je voulais venir le dire sur la piste, et je voulais venir le dire avec le Lion. Nous sommes heureux. »

Peugeot développera bien une Le Mans Hypercar pour 2022

Pourquoi le LMH plutôt que le LMDh ?

« Nous avons étudié longuement cette question. Nous nous sommes dit, compte tenu de notre histoire, qu’il fallait essayer de nous frotter au règlement le plus exigeant en sachant qu’il va falloir redoubler d’efforts. »

Vous abordez ce défi avec humilité, mais avec trois victoires aux 24 Heures du Mans derrière vous, l’objectif est clairement la victoire ?

« La victoire est toujours l’objectif, mais le chemin est tellement long qu’il faut se garder d’être arrogant. Nous avons en face de nous des gens qui ont gagné tant de fois, qui sont si forts, qu’il est raisonnable de se montrer prudent. »

La pandémie de Covid-19 a-t-elle généré des doutes sur la faisabilité du programme ?

« Non. Lorsque vous vous lancez dans un programme comme cela, il faut être capable de constance et stabilité. A ce stade-là, nous sommes capables de tenir avec équilibre, sans se mettre dans le rouge. Si nous avions été confrontés à des budgets excessifs, nous aurions pu arrêter. Le constructeur est sain, ce qui nous autorise à être totalement confiants à ce stade sur la stabilité de nos opérations. Nous ne sommes pas là pour un coup d’essai, nous venons sur la durée. »

Ne craigniez-vous pas que d’arriver en 2022 vous pénalise face à des concurrents qui auront déjà une année d’expérience ?

« C’est la vie. Il faut construire la voiture, avec calme, sans précipitation et nous pourrons ensuite juger où nous en sommes niveau performance face à nos camarades. »

Après avoir vu l’aspect stratégique de la marque, nous allons évoquer l’aspect sportif avec Jean-Marc Finot, puis l’aspect technique avec Olivier Jansonnie.