L’arrivée de Peugeot dans la catégorie Hypercar en 2022 a été entérinée lors de la 88e édition des 24 Heures du Mans. Nous avons pu faire le point avec Jean-Marc Finot, directeur de PSA Motorsport, en charge du programme Le Mans Hypercar de Peugeot.

Quelle sont vos premières impressions après la concrétisation de ce programme Hypercar ?

« C’est beaucoup de plaisir et d’enthousiasme depuis le début de l’aventure. » nous confie Jean-Marc Finot. « Nous sommes dans une phase de conception et nous sommes très contents de partager cela. »

Quelles sont les raisons de ce retour dans la catégorie reine de l’Endurance par rapport à d’autres disciplines ?

« Le programme FIA WEC est un très bon support pour nous de par l’électrification et la nouvelle gamme performance, à basses émissions, de Peugeot. La Peugeot 508 Sport Engineered est le premier opus de cette gamme de voitures puissantes qui seront néanmoins en-dessous des 50 g/km d’émission de CO2. Notre mot d’ordre est ‘prenez du plaisir, Peugeot s’occupe du CO2 pour vous’. Pour porter cette nouvelle ligne, nous avions besoin d’un programme iconique. Le programme en Endurance s’y portait très bien puisque, outre l’aspect technique de l’hybridation, l’Endurance est dans l’ADN de Peugeot. Tous les efforts menés conjointement par l’ACO, la FIA et les constructeurs pour faire baisser les coûts et avoir un rendement marketing de ce programme, nous ont fait cocher toutes les cases. »

Jean-Marc Finot (PSA Motorsport) : "un projet entièrement sous maîtrise d’œuvre Peugeot Sport"

G. à D. Jean-Marc Finot, Directeur Motorsport Groupe PSA, Carlos Tavares, CEO groupe PSA , Jean-Philippe Imparato, Directeur de la marque Peugeot // © Frederic Le Floc’h / DPPI

En quoi consiste l’implication de PSA Motorsport dans ce projet ?

« En termes d’organisation, PSA Motorsport regroupe toutes les marques du groupe. Nous bénéficions de compétences issues de la 908 par exemple, avec une nomenclature prévisionnelle issue de notre savoir-faire de la 908 et nous avons déjà un planning pour chaque composant, avec un coût objectif pour chacun d’entre eux, ce qui nous permet d’avoir une forte visibilité et un potentiel d’optimisation. Nous associons le personnel qui a travaillé sur la 908 il y a quelques années, avec ceux qui ont travaillé sur le WRC. On retrouve également cette transversalité avec la Formule E. »

Pourquoi avoir fait le choix du LMH plutôt que le LMDh ?

« Il y a plusieurs points. Nous trouvons la réglementation Hypercar très pertinente car elle permet beaucoup de liberté à la marque. Sur l’aérodynamisme, nous n’avons pas de formes imposées, mais un cahier des charges d’appui et de traînées. Cela nous permet de mettre nos codes de style qui vont préfigurer les Peugeot de demain, de pouvoir mettre la griffe Peugeot que nous retrouvons sur les premiers sketchs que nous avons présentés. Le deuxième avantage est que la voiture est entièrement construite par le constructeur et qui, a l’ADN du constructeur. Il y a une certaine légitimité à être maître d’œuvre du produit. Il y a beaucoup plus d’enthousiasme de nos équipes à construire notre propre véhicule, avec notre propre technologie de quatre roues motrices hybridées. C’est une architecture que nous allons retrouver sur nos véhicules de route. »

Avez-vous eu des craintes pour le projet au regard de la crise sanitaire ?

« C’est un projet qui a été décidé fin 2019 sur la base d’une stratégie. Cette stratégie n’a pas changé. Comme nous avons un certain niveau d’efficience, la rentabilité marketing de ce projet, associée au message que nous voulons faire passer sur le développement technologique, est toujours au rendez-vous. Au même titre que toute entreprise, il a fallu faire des choix d’optimisation dans le cadre du Covid. Nous sommes dans une situation stable aussi bien d’un point de vue stratégique que budgétaire. »

Jean-Marc Finot (PSA Motorsport) : "un projet entièrement sous maîtrise d’œuvre Peugeot Sport"

Peugeot et Rebellion devaient unir leurs forces pour mener à bien ce programme. Rebellion quitte l’Endurance et se retire du projet. Comment vous êtes-vous réorganisé ?

« C’était une hypothèse de partenariat. Nous sommes désormais partis sur un projet entièrement sous maîtrise d’œuvre Peugeot Sport, piloté par nos équipes. Cela ne nous empêche pas de faire appel à de la sous-traitance pour de la technologique ou de l’exploitation. Ligier, par exemple, est notre sous-traitant sur la partie aérodynamique. »

Réfléchissez-vous déjà à la composition des équipages ? Est-ce que l’un d’entre eux sera franco-français ?

« Nous avons plein d’idées et plein de propositions également. Nous sommes dans une phase d’analyse des performances et nous ferons nos choix sur des critères de performance, performance instantanée, consistance dans la performance, mais aussi sur des critères plus subjectifs d’esprit d’équipe. La nationalité ne va pas primer. A ce stade j’ai 40 noms donc tout est ouvert. »