Cette 88e édition des 24 Heures du Mans aura une saveur particulière pour Rebellion Racing. L’écurie helvétique participera à la classique mancelle pour la 13e fois et tirera ensuite sa révérence…

A quelques jours du départ, nous avons pu échanger avec Calim Bouhadra, CEO de Rebellion Corporation, qui a été testé positif à la Covid-19 le week-end dernier et qui n’est pas sûr de pouvoir être présent ce week-end auprès de son équipe.

Comment abordez-vous cette 13e participation aux 24 Heures du Mans ?

« 13 est un nombre fétiche pour nous. C’est la voiture n°13, ce sont les voitures n°1 et 3… Pour cette 13e participation, je pense que nous n’avons jamais été aussi prêts depuis toutes ces années. » nous a confié Calim Bouhadra. « Nous avons construit une équipe solide durant ces 3 dernières années autour d’Oreca, avec un châssis robuste et un moteur fiable. L’équipe est fin prête. »

C’est l’année ou jamais ?

« C’est en effet l’année ou jamais ! Nous avons décidé de partir par la grande porte des 24 Heures du Mans même si une course est encore prévue à Bahreïn, pour laquelle nous n’avons pas de scénario établi. Ce qui compte, c’est Le Mans. C’est notre ultime chance de remporter le Saint Graal et nous ferons tout pour ramener enfin cette coupe à la maison. »

Calim Bouhadra (Rebellion) : "partir par la grande porte aux 24 Heures du Mans"

© Rebellion Racing

La vitesse de pointe sera à nouveau un point fort de la Rebellion R13 cette année ?

« L’année dernière, nous avions déjà prouvé que nous pouvions avoir une voiture très rapide. Je pense que l’EoT nous permet encore d’avoir une voiture compétitive face aux Toyota. La Rebellion R13 est une voiture très compétitive lorsque la météo est bonne, mais ce n’est plus du tout la même chose sous la pluie. Le meilleur exemple est la course de Spa, le mois dernier où nous partions en pole avant la débandade sous la pluie, face aux quatre roues motrices des Toyota. On ne pouvait pas rivaliser. Nous allons certainement avoir une voiture rapide en ligne droite mais l’EoT favorise toujours Toyota dans le trafic avec leur système hybride. Ce phénomène s’accentuera en cas de pluie, ce que je ne souhaite pas évidemment. »

Les ajustements de l’EoT semblent plus faborables aux LMP1 non-hybrides que l’an dernier.

« Oui il y a un petit step supplémentaire. Nous n’avons malheureusement pas saisi notre chance l’année dernière à cause de problèmes techniques. Je dis toujours que si Rebellion veut gagner les 24 Heures du Mans, nous devons faire une course parfaite sur tous les aspects. Nos adversaires ne font que très peu d’erreur malgré la pression que nous leur mettons. »

Après avoir fait campagne avec une seule R13 sur la scène internationale, la deuxième voiture est de retour avec des pilotes qui n’ont pas encore roulé ensemble en course.

« Ce sont néanmoins des équipages extrêmement polyvalents. L’équipage de la voiture #1 a disputé toute la saison et a donc l’expérience de la voiture d’autant plus que Gustavo Menezes, Bruno Senna et Norman Nato se sont imposés à deux reprises ce qui renforce la synergie de l’équipe. J’ai une pleine confiance en eux et j’ai la même confiance en l’équipage de la #3. Romain Dumas apportera toute son expérience du Mans au jeune Louis Delétraz, qui a prouvé son talent en F2. Nathanaël Berthon connaît très bien la voiture pour l’avoir pilotée toute l’année dernière. Nous avons pu faire des essais au Castellet lors desquels cet équipage a prouvé son efficacité et sa fiabilité. « 

Calim Bouhadra (Rebellion) : "partir par la grande porte aux 24 Heures du Mans"

© Rebellion Racing

Savez-vous ce que vous allez faire après Le Mans, à savoir participer à la finale du FIA WEC à Bahreïn ?

« C’est prématuré pour le moment. Nous voulons évidemment nous battre pour le Championnat du Monde jusqu’à la dernière course. Il est clair que les résultats du Mans ont toute leur importance car les points sont doublés. Aujourd’hui, il nous est encore possible de nous battre avec Toyota en termes de points, mais si ce n’est plus le cas après Le Mans, ce que je ne souhaite pas, nous pourrions faire l’impasse sur Bahreïn. Il faut rappeler que cette course n’était pas au calendrier, c’est une destination supplémentaire qu’il faut rajouter à nos budgets. Ces budgets sont toujours compliqués à réunir surtout compte tenu de la situation actuelle. Nous avons décidé de partir par la grande porte, c’est le scénario idéal, mais si on peut se battre pour le Championnat, on ira à Bahreïn et si ce n’est pas le cas, nous arrêterons après Le Mans. »

Comme tout le monde, Calim Bouhadra a bien sûr pris connaissance du retour d’Alpine en LMP1 avec le châssis développé par Rebellion et Oreca. Votre travail de ces dernières années va donc profiter à une autre équipe ?

« C’est vrai, mais cela fait partie des accords que nous avions avec Oreca lorsque nous avons décidé de lancer notre projet. Alpine va hériter de notre châssis l’année prochaine et pourra défendre ses couleurs avec ce châssis Rebellion en LMP1. Je leur souhaite plein de succès. »