Bruce Jouanny : "retourner aux 24 Heures du Mans à terme, avec C. Cresp et MV2S Racing"

© Jérôme Contou / Underground Pictures

Emblématique co-présentateur de Top Gear France, Bruce Jouanny a surtout un palmarès et un coup de volant qui parlent pour lui. Après plus de dix ans sans avoir disputé une course au volant d’un sport-prototype, il a fait son grand retour le week-end dernier au Castellet à l’issue duquel il nous a accordé une entrevue.

Deux piges sont au programme de Bruce Jouanny aux côtés de Christophe Cresp, en alternance avec Fabien Lavergne, chez MV2S Racing, en Michelin Le Mans Cup. Il nous raconte comment l’opportunité s’est présentée…

« Je discutais avec Léo Richet, du département Technical & Sales de chez Ligier, lors d’un tournage de Top Gear pour essayer la JS2 R et la JS P4 à Magny-Cours. » nous a-t-il confié. « Nous discutions de ma carrière sportive qui était derrière moi et je lui disais que j’imaginais avoir un peu plus de temps cette année et que j’aurais bien aimé rouler à nouveau. Il a été surpris d’apprendre que j’étais classé Silver depuis maintenant deux ou trois ans et m’a dit qu’il connaissait des personnes potentiellement intéressées par un Silver. Il m’a notamment mis en relation avec Stéphane Roux et Christophe Cresp de MV2S qui m’ont proposé un programme partiel en Le Mans Cup au volant de la Ligier JS P320. »

Ce rapprochement avec Christophe Cresp et Stéphane Roux a aussi permis d’impliquer le pilote à un autre projet…

« Stéphane et Christophe m’ont également parlé de Mitjet International, rachetée par Christophe, pour que j’apporte mon expertise et mon savoir-faire du sport automobile pour développer la Mitjet. C’est un nouveau projet et j’ai tout de suite accepté. Je ferai donc aussi quelques courses au volant d’une Supertourisme et peut-être la course d’endurance de fin d’année, en 2l. »

Bruce Jouanny : "retourner aux 24 Heures du Mans à terme, avec C. Cresp et MV2S Racing"

© Jérôme Contou / Underground Pictures

Bruce Jouanny n’a rien perdu de son coup de volant depuis sa dernière course et sa dernière victoire aux 12 Heures de Bathurst 2013, avec Peugeot. Le Parisien a fait parler la poudre le week-end dernier et est même monté sur la troisième marche du podium avec Christophe Cresp. L’équipe a cependant été pénalisée pour avoir mal interprété la note obligeant les concurrents LMP3 à effectuer un arrêt supplémentaire. La performance est bien là et le bilan est positif…

« Tout d’abord, MV2S Racing débute à ce niveau-là du sport automobile. L’équipe a fait très peu d’essais avec une journée d’essais à Spa et trois jours au Castellet en février. Avant de débuter la saison, j’ai fait 8 tours et deux relais de cinq tours lorsque j’avais été invité par Ligier. Je n’ai fait que 20 tours dans la voiture avant la course ! Les mécaniciens découvrent la discipline, mais nous avons été rejoints par Adrien Beurdeley, jeune ingénieur de chez Prema, avec qui on sait d’avance que le job sera bien fait. Il y a beaucoup à construire. Nous avons moulé le baquet sur place, nous avons fait nos premiers changements de pilotes 45 minutes avant le départ… Je n’ai pas eu le temps de me préparer physiquement non plus, car j’ai une tendinite au bras qui me handicape la main. Malgré tout ça, on arrive jeudi et on claque le deuxième chrono à 2 millièmes de la référence signée par Andy Meyrick à qui j’ai donné une aspiration ; c’est signe que je n’ai pas trop perdu depuis 10 ans ! »

Avec seulement deux piges, dont Road To Le Mans et son format atypique, le temps passé au volant est relativement court.

« Je passe très peu de temps dans la voiture surtout que Road To Le Mans, c’est très court. Il était question de faire quelques courses en Ultimate Cup Series, mais l’équipe a déjà fort à faire avec le programme Le Mans Cup. »

Bruce Jouanny : "retourner aux 24 Heures du Mans à terme, avec C. Cresp et MV2S Racing"

© Jérôme Contou / Underground Pictures

Il a retrouvé un paddock qu’il a connu il y a plus de dix ans à l’époque des Le Mans Series. Il a ainsi pu comparer les deux époques et les voitures…

« Je trouve que les équipes en ELMS, de LMP2 et même de LMP3, se sont professionnalisées avec un certain standing et une façon plus professionnelle de travailler. Je découvre la Michelin Le Mans Cup, qui n’existait pas à l’époque, série plus familiale et moins pointue que l’ELMS. D’un point de vue technique, j’ai trouvé que le châssis LMP3 était un gros pas en avant. Par rapport à ce que j’ai connu, par exemple la P2 que j’avais en 2007, une Courage, la P3 est comme sur des rails. Tous les défauts sont gommés et les phases de transition sont plus propres. »

Bruce Jouanny, qui compte trois participations aux 24 Heures du Mans (2005, 2007 et 2009), compte bien revenir dans la Sarthe au volant d’un prototype…

« L’une des raisons pour laquelle le challenge m’a plu c’est qu’à terme, Christophe Cresp veut faire les 24 Heures du Mans en proto, en LMP2. Je serais ravi de retourner au Mans avec Christophe et MV2S Racing, c’est prévu sur le papier et j’espère que nous y arriverons. »

Ce week-end a-t-il permis de créer des opportunités ?

« Ce n’était pas le but à l’origine et je ne pensais pas à ça. Il est vrai que quand on a allumé les trois secteurs en violet dans la première et deuxième séance, j’ai reçu un certain nombre de textos d’amis du sport auto et c’était assez marrant, voire émouvant. Certains m’ont demandé pourquoi je ne ferais pas du LMP2…  Oui pourquoi pas faire du P2 si une équipe recherche un pilote Silver (sourire). »

A noter qu’en plus de la Michelin Le Mans Cup et la Mitjet, on verra Bruce Jouanny au volant d’une JS2 R en JS Cup France.