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Le 21 mars 2015. Une petite éternité, dans le monde de l’endurance. C’est à cette date qu’Action Express Racing remportait pour la première fois les 12 Heures de Sebring, avec Joao Barbosa, Christian Fittipaldi et Sébastien Bourdais au volant de la Corvette DP #5. Action Express a doublé la mise la nuit dernière en s’adjugeant la 67e édition des 12 Heures.

Un succès à la saveur particulière, puisque l’auto aux couleurs de Whelen Engineering n’avait jamais triomphé en Floride malgré une présence systématique sur le podium ces trois dernières années. Du côté de son équipage, Eric Curran et Felipe Nasr inscrivent leur nom au palmarès pour la première fois, tandis que Pipo Derani rejoint le cercle fermé des triples vainqueurs à seulement 25 ans. L’équipage aura mené 249 des 348 tours d’une course marquée par des conditions climatiques difficiles, pour s’imposer devant la Cadillac DPi-V.R. #10 du Wayne Taylor Racing au terme d’un sprint suivant la dernière neutralisation. 

« Incroyable », se réjouit Eric Curran, qui remporte enfin la victoire à Sebring, après plusieurs tentatives infructueuses. « Nous avons terminé seconds une paire de fois sans jamais parvenir à monter sur la première marche du podium. Mes équipiers ont été phénoménaux. C’est tellement bon de remporter cette course après avoir poursuivi la victoire pendant 15 ans. La Cadillac est très performante ici, c’était déjà très bon l’an dernier, et cela a été aussi bien voire encore mieux cette année, sûrement un peu mieux. Les 12 Heures de Sebring sont un monument pour n’importe quel pilote d’endurance, et je tentais de gagner cette course depuis de nombreuses années. Après Daytona, où nous étions proches de la victoire, remporter celle-là est une superbe affaire. »

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« Aujourd’hui a été une journée pleine de challenges, et je suis fier du travail accompli par toute l’équipe d’Action Express », apprécie Felipe Nasr, qui pilote depuis l’an passé pour l’équipe basée à Denver. « Ils nous ont donné une excellente voiture, compte tenu des conditions changeantes. Pipo a pris un très bon départ sous la pluie, c’était vraiment une partie piégeuse de la course mais il l’a bien gérée. Il a placé la voiture en tête, et Eric a stabilisé l’écart en poursuivant sur notre lancée. A la fin, mon job a été de rejoindre la ligne d’arrivée. Ces vingt dernières minutes ont été vraiment intenses, à se défendre face à la #10, ils étaient assez rapides. Je suis si heureux que nous ayons remporté la victoire et marqué de bons points pour l’Endurance Cup. Une journée parfaite ! ».

Une journée particulière, aussi, pour Pipo Derani. Le brésilien est monté sur la première marche du podium pour la troisième fois en quatre ans (2016, 2018 et 2019). Il faut remonter presque six décennies en arrière pour trouver la trace d’un pilote ayant fait aussi bien. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Phil Hill, lauréat en 1958, 1959 et 1961 au volant d’une Ferrari 250. 

« Un boulot incroyable ! », savoure le désormais double tenant du titre. « C’a été compliqué au début de la course, avec la pluie, mais j’ai réussi à progresser de la cinquième à la première place et à créer un écart. Mais aujourd’hui était simplement une de ces journées où tout fonctionne et rien ne tourne mal. Un grand merci à mon équipe. La Cadillac de Whelen Engineering est une auto formidable, et je suis très heureux d’avoir gagné ici trois fois en quatre ans. Je n’aurais pas été capable de le faire sans le travail que les gars de Whelen Engineering ont accompli dans les coulisses, de Felipe en fin de course et de Eric qui a conservé la tête. Quelle journée ! »

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La seconde voiture d’Action Express, aux couleurs de Mustang Sampling, est également montée sur la boîte. Filipe Albuquerque, Joao Barbosa et le nouveau venu Brendon Hartley ont terminé en troisième position, à seulement 4.023 secondes des vainqueurs. 

« Le résultat est un peu frustrant » confie Albuquerque avec un brin d’amertume. « Nous avons tout donné, mais ce n’était pas notre jour. C’est difficile à accepter. Nous avons mené, mais la #31 a été très compétitive ce week-end. On a tenté de revenir, mais ils méritent la victoire. » Son équipier Joao Barbosa voit tout de même des motifs de satisfaction : « Les conditions étaient difficiles, mais Action Express a fait un travail incroyable durant la course avec la stratégie pour la #31 et la #5. Nous étions tous deux à la lutte. Mais lorsque ça s’est joué, nous manquions légèrement de vitesse pour nous battre pour la victoire. Une troisième place est très positive, surtout après Daytona [9e place au général, ndlr], mais nous voulions nous un peu plus ! Nous n’avons pas eu le rythme nécessaire pour challenger la #31 pour la tête, mais cela reste un excellent résultat et une belle victoire pour l’équipe, avec les deux voitures sur le podium. »

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Après une parenthèse d’une saison en Formule 1, Brendon Hartley revenait quant à lui en endurance, avec un week-end pour le moins chargé. Egalement troisième avec SMP Racing la veille, à l’occasion de l’épreuve du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, il découvrait l’équipe et la Cadillac DPi-V.R. « J’ai vraiment apprécié de travailler avec Filipe et Joao, et toute l’équipe d’Action Express Racing. Le début n’a pas été évident, de monter dans une voiture totalement différente, et cela m’a pris un ou deux relais car je n’ai pas tellement d’expérience dans celle-ci. Je ne m’attendais pas à terminer par un quadruple relais, et après la course d’hier, j’étais complètement épuisé à la fin. Nous n’avions pas le rythme de l’autre voiture, mais chaque côté du garage a connu une course impeccable et nous sommes tous les deux sur le podium, ce qui est remarquable.«  S’il y a bien une chose dont on ne doute pas, c’est que Brendon Hartley ne se fera pas prier pour aller dormir. Si ce n’est pas déjà le cas, décalage horaire oblige …